Maison de Ventes aux Enchères - 22, rue Drouot - 75009 Paris - France - T. +33 (0)1 42 46 96 95 - F. +33 (0)1 45 23 16 32 - contact@ogerblanchet.fr
  • United-Kingdom

BOUGLON Émilie Hortense de Sommervogel, baronne de [Strasbourg, 1820 - Château du Prada, 1901], très chère amie de Barbey d'Aurevilly

Lot 22
2 000 - 3 000 €
Laisser un ordre d'achat
Votre montant
 €
Enchérir par téléphone
Enchérir par téléphone

BOUGLON Émilie Hortense de Sommervogel, baronne de [Strasbourg, 1820 - Château du Prada, 1901], très chère amie de Barbey d'Aurevilly


Précieuse correspondance de plus de 90 lettres ou cartes autographes signées, adressées à Barbey d'Aurevilly. Cette correspondance s'étale entre 1874 et 1889 et ne semble pas avoir été publiée. Nous ne pouvons qu'en donner des extraits: 13 août 1883: «Je vous l'ai dit souvent, il y a des êtres avec lesquels on n'interrompt jamais la conversation; vous êtes de ceux là pour moi. Que je vous vois peu, que je vous vois beaucoup, n'importe. Votre esprit incomparable, doublé d'un coeur exquis, est toujours là près du mien et ma pensée vous parle. Les faibles nuages même qui se sont interposés entre nous, ont servi à me faire mieux mesurer la précieuse, mais ayant la hauteur et la profondeur de conserver mon indépendance, mon affection pour vous à laquelle je tiens autant...»; 1884: «Bâbe, cher Bâbe, je sors de l'affreux cauchemar de mes vertiges. Dante a oublié cette torture dans son enfer. Ce va-et-vient de la tapisserie, des tableaux, des murailles, ce renversement de l'équilibre, cette tête qui pense comme en santé et qui subit l'horreur de la rotation perpétuelle, n'est-ce point affreux en effet? Jamais crise aussi longue et j'étais seule au Prada. [...] Nous avons ici des religieuses pauvres dont je suis l'épicière. Ces excellentes filles n'ont pas appris tout de suite mon état, mais quand on leur a dit que Mme de B. était malade, la supérieure m'a amené une soeur habituée à mille soins et sa présence m'a été bien secourable. [...] J'ai reçu et lu sur votre livre, mon Bâbe, trois articles, l'un d'une femme, l'autre de deux hommes... les noms oubliés, excepté celui de ce soir: Elémir Bourges. Elémir? Pas d'e muet à la fin, c'est un nom d'homme. La femme a fait un article où vous et votre livre paraissiez aussi peu que possible. Sa personnalité affectée, se carre, s'étale, se cambre, elle fait tableau vivant pour le lecteur avec des mines jeunettes qui ont de grosses rides et la patte d'oie. De J. B. d'A., de ce qui m'intéresse enfin, nul souci; quelle singulière façon de parler d'un livre! [...] Elémir a été adroit, il a cité un passage délicieux bien serti dans ses éloges entrelacés de critiques. Je vous reconnais, je vous retrouve cher Bâbe, votre entrain de force et de bravoure, votre âme rouge (le feu du génie!) votre fougue rieuse, cette ironie si spirituellement française, tout y est, tout y est...»; 1884: «Je ne voulais pas comprendre, cher Bâbe, que la Madame Pommier, âgée de 52 ans, morte en criant: je suis empoisonnée, était la pauvre Léopoldine! Il me semblait que son numéro de la Rue de Sèvres était dans les 80; puis ce coiffeur cherché si loin, rue des Saint Pères, quand son quartier et la rue du Bac foisonnent de boutiques de coiffeurs... non ce ne pouvait être notre chère Mlle Pommier! [...] Alors, cher Bâbe,je me suis demandée si cette figure rouge était glacée, si ce matelas sur le parquet avait reçu la convulsionnée, et qui l'assistait, la pauvre fille, la portière, une voisine, la police?? Et de ce moment, comme une révélation s'est faite, et toute apeurée j'ai galopé vers la cuisine de Toinette pour lui dire que la demoiselle de M. d'Aurevilly comme Toinette la nommait, était morte, peut-être empoisonnée...»; 30 décembre 1887: «Après la maladie traînante et la mort de l'abbé Léon, rien ne pouvait vous faire plus de peine que la mort de votre cousine Louise, mon cher Bâbe...»; samedi Saint, 1889: «Cher Bâbe, je rirai donc en vous lisant! ce joli livre bleu-gris (nuance à la mode) me sortira donc de mon spleen! Je n'y tiens plus, je vais à Raymond mardi prochain, à midi je serai à Toulouse, et je ferai la route avec vous, cher Bâbe aimé, avec le “Théâtre contemporain”, et mes yeux s'arrêteront longuement sur cette fin de dédicace, une caresse, une promesse, un souvenir!»...
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue