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26/03/12

Oger - Blanchet
EMail : contact@ogerblanchet.fr
Tél. : 01 42 46 96 95

Estimation : 80 000 - 120 000 €

Résultat : 285 000 € Lot n°69

Jusepe de RIBERA (Jativa 1588 - Naples 1656)

Saint Jean L'Evangéliste Toile 105 x 83 cm Petits manques Notre tableau représentant saint Jean est une importante redécouverte témoignant de l'oeuvre de jeunesse de Jusepe de Ribera. Notre tableau appartient à un Apostolado1 incomplet mais regroupant différents tableaux représentant les apôtres conservés dans différentes collections: Saint Mathieu, toile, 109 x 88 cm, Paris, collection privée (fig. 1) Saint Thomas, Toile, 105 x 84 cm, Budapest, Szepmuveszeti Muzeum, Esterhazy (fig. 2) Saint Jacques Le Mineur (?), toile, 103 x 85 cm, Madrid, Galerie Caylus (fig. 3) Et auxquels on peut ajouter: Le Christ Bénissant, toile, 109 x 87,5 cm, Nivillac, paroisse (fig. 4). Comme dans les oeuvres de cette série, notre tableau présente des dimensions similaires, un cartel identifiant l'apôtre, la même mise en page derrière un muret (sauf pour le Christ de Nivillac), une position vivante oscillant entre le trois-quarts et le profil mais aussi, comme le note Gianni Papi dans le catalogue de l'exposition de Naples en 2011 - 2012 (Spinosa, 2011 - 2012, p. 102), une gamme chromatique inhabituelle chez Ribera dans la suite de sa carrière. Dans sa lettre datée du 16 février 2012, Nicola Spinosa note que notre tableau est « peraltro rispetto a questi ultimi anche in un migliore stato di conservazione »2 et « ha qualità di stesure cromatiche come il Cristo Redentore di Nivillac, meno vigorose di quelle che si riscontrano in dipinti sicuri di Ribera tra Roma e Napoli » 3. Il ajoute aussi: « Al punto da lasciar supporre che siano proprio queste quelle ?mezze figure' che, secondo quanto riferito dalle fonti, furono dipinte dal pittore agli inizi della sua attività romana o appena giunto a Parma » 4. Comme le souligne Nicola Spinosa, notre tableau est une contribution notable à la connaissance de l'oeuvre de Ribera, à peine arrivé en Italie (arrivée datée vers 1607 - 1608), alors qu'il est en phase d'expérimentation, s'essayant à concilier solutions formelles et compositions traditionnelles comme en témoigne notre tableau. Ce groupe d'apôtres a été donné au maître du Jugement de Salomon jusqu'en 2007, date à laquelle les oeuvres de cet artiste tendent à se confondre-en partie, avec l'oeuvre de jeunesse de Ribera. Le corpus du maître du Jugement de Salomon - ainsi nommé par Roberto Longhi - rassemble des oeuvres autour du tableau éponyme conservé à la Galleria Borghèse à Rome (toile, 158 x 200 cm). En 1943, Roberto Longhi y associe la série d'apôtres de la Casa Gavotti (voir Spinosa, 2008, pp. 309-312) dont il est alors le propriétaire (Longhi, 1943, note 80, p. 58) et qui se trouve actuellement conservée à la fondation Longhi à Florence. Le nom de Ribera est envisagé, parmi d'autres, par Jean-Pierre Cuzin et Arnauld Brejon de Lavergnée en 1973 lors de l'exposition Valentin et les caravagesques français (Brejon, Cuzin, 1973, p. 52), à nouveau par Jean-Pierre Cuzin dans un article publié dans Antologia di Belle Arti en 2003 (réédité dans l'ouvrage de Jean-Pierre Cuzin, 2010, pp. 144 - 157). En 2007 (p. 46), reprenant un article paru en 2002 (p. 23), Gianni Papi publie officiellement l'identification du maître du Jugement de Salomon avec Jusepe de Ribera: « (...) alla conclusione - di cui sono ormai pienamete convinto - che il gruppo del Maestro del Giudizio di Salomone corrisponda alla fase romana, per ora pressochè sconosciuta, di Jusepe de Ribera »5. Cette théorie est confirmée par Nicola Spinosa dans sa monographie de Ribera en 2008. Aujourd'hui, si le corpus de la jeunesse de Ribera anciennement réuni autour du maître du Jugement de Salomon est discuté, l'Apostolado auquel appartient notre tableau est reconnu de la main de l'artiste par Gianni Papi (Papi, 2007, pp. 61 - 63) et Nicola Spinosa (Spinosa, 2008, pp. 303 - 304). Nicola Spinosa situe notre tableau à Rome avant le voyage de Ribera à Parme, c'est-à-dire, vers 1609- 1610. Gianni Papi situe également le saint Thomas de Budapest appartenant au même Apostolado vers 1609 -1610 avant son voyage à Parme (Spinosa, 2011-2012, notice 3, p. 102). Nous remercions le professeur Nicola Spinosa qui nous a confirmé l'attribution après un examen de l'oeuvre le 30 janvier 2012 et nous a aidés dans la description du tableau. Bibliographie en rapport: Longhi, 1943: Roberto Longhi, « Ultimi studi su Caravaggio e le sua cerchia », in Proporzioni, I, 1943, pp. 5 - 63 Brejon, Cuzin, 1973: Arnauld Brejon de Lavergnée et Jean Pierre Cuzin, sous la direction de, Valentin et les caravagesques français, cat. exp., Paris, Grand Palais, 1974 Papi, 2002: Gianni Papi, « Jusepe de Ribera a Roma e il Maestro del Giudizio di Salomone », in Paragone, LIII, 44, 629 (2002), pp. 21 - 43 Cuzin, 2003: Jean -Pierre Cuzin, « Remarques sur Tournier et sur Guy François à propos de deux expositions toulousaines », in Antologia di Belle Arti, Turin, Londres, Venise, New-York, Umberto Allemandi & Co, n° 63-66, 2003, pp. 140 - 151 Papi, 2007: Gianni Papi, Ribera a Roma, Soncino, 2007 Spinosa, 2008: Nicola Spinosa, Ribera, La Obra completa, Madrid, 2008 Cuzin, 2010: Jean-Pierre Cuzin, Figures de la Réalité, Caravagesques français, Georges de la Tour, les frères Le Nain..., Paris, 2010 Spinosa, 2011-2012: Nicola Spinosa, sous la direction de, Il giovane Ribera tra Roma, Parma e Napoli, 1608 - 1624, cat. exp., Naples, museo di Capodimonte, 2011- 2012. 1 Un Apostolado est une série de douze apôtres appelée ainsi en Espagnol et réalisée pour être accrochée dans la sacristie des églises espagnoles et italiennes en particulier en Italie méridionale. 2 « Est en meilleur état de conservation que ces derniers ». 3 « a une qualité chromatique comme celle du Christ Rédempteur de Nivillac, moins vigoureuse que celle que l'on rencontre dans les tableaux sûrs de Ribera entre Rome et Naples ». 4 « Au point de laisser supposer que ce sont justement ces ?demi-figures' qui, d'après les sources, furent peintes par Ribera au début de son activité romaine ou à peine arrivé à Parme ». 5« la conclusion -dont je suis désormais parfaitement convaincu - que le groupe du maître du Jugement de Salomon correspond à la période romaine, désormais connue de Jusepe de Ribera ».