Statuette de cire

Stanislas Lami (1858-1944), Première Faute, statuette en cire dure teintée, h. 34 cm.
Adjugé 17 000 € sans frais le 19 décembre 2017

La cire, matière malléable, offre aussi une luminosité permettant de mettre en valeur les courbes féminines. Stanislas Lami, issu d’une famille d’artistes, tel son père sculpteur, est un amoureux de cet art majeur au point de lui consacrer le plus important dictionnaire des sculpteurs de l’école française. Il expose régulièrement au Salon de 1882 à 1942. Les premières décennies du siècle dernier le voient s’intéresser au modelage de statuettes en cire dure, à tel point qu’il en présente deux à chaque salon, entre 1901 et 1906. À Londres, en 2001, fut vendu son chef-d’oeuvre dans ce médium : Ida Rubinstein en Cléopâtre, figurée assise et parée de pierres précieuses et d’or. Le rôle fut créé en 1909 par les Ballets russes à Paris, où la danseuse séduisit le Tout Paris symboliste, en premier lieu Robert de Montesquiou, mais aussi Stanislas Lami. Durant cette période, il reprend en cire dure des oeuvres plus anciennes, traitées dans le marbre, comme cette Première Faute qui lui avait valu d’obtenir la seconde médaille au Salon de 1891. L’État l’acquit pour la somme de 7 500 francs or (sachant que le salaire moyen des cochers ou des conducteurs d’omnibus, en 1890, était de 5,75 francs par jour, on voit que c’était un artiste reconnu).
Cette jeune femme agenouillée, les bras couvrant pudiquement son visage aux yeux fermés, est visible aujourd’hui au Centre national des Arts
plastiques. La première faute, comme le rapporte Paul Bion à Augustus de Saint Gaudens dans une lettre datant du 28 mai 1892, est de s’être déshabillée « comme ça devant un monsieur… (à la cinquième pose) »